Calculer ses impôts crypto en France : la méthode à suivre
Les particuliers qui cèdent des actifs numériques à titre occasionnel relèvent par défaut du régime prévu à l'article 150 VH bis du CGI. Ce régime ne suit pas les actifs par lot comme le FIFO ou le LIFO utilisés dans d'autres pays : le contribuable détient un seul portefeuille global, qui agrège tous les actifs numériques détenus, quelle que soit la plateforme ou le mode de stockage. Le calculateur réunit vos exports de plateformes et vos historiques de wallet pour appliquer cette formule.
En trois étapes vers l'aperçu
- Choisir la plateforme et importer le CSV : exportez l'historique depuis l'ouverture du compte jusqu'à aujourd'hui, pas seulement l'année fiscale, car le portefeuille global a besoin du coût d'acquisition cumulé depuis l'origine.
- Ajouter des wallets (optionnel) : connectez MetaMask ou Phantom en lecture seule, ou saisissez jusqu'à cinq adresses EVM, Solana ou Bitcoin.
- Vérifier l'aperçu : cessions détectées, revenus crypto, couverture de vos données et prix, avant tout paiement.
Les erreurs les plus fréquentes
- Oublier le sursis d'imposition : un échange pur entre deux actifs numériques sans soulte ne déclenche pas d'imposition immédiate ; la plus-value est reportée à la prochaine cession imposable. Si une soulte est versée ou reçue, la cession est imposable à hauteur de la soulte.
- Confondre seuil et abattement : le seuil de 305 € porte sur le total des prix de cession de l'année, pas sur la plus-value nette. Au-delà, l'intégralité du gain est imposable.
- Importer un historique incomplet : un historique partiel fausse la valeur globale du portefeuille, et donc chaque calcul de plus-value.
Comment les cessions sont imposées selon l'article 150 VH bis
Seules les cessions à titre onéreux constituent un fait générateur : vente contre fiat, paiement de biens ou services en actifs numériques, ou échange avec soulte. La formule statutaire est : plus-value = prix de cession - (coût total d'acquisition × prix de cession / valeur globale du portefeuille). Le taux forfaitaire (PFU) en vigueur est de 30 % (2024) / 31,4 % (2025+), soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, avec une option pour le barème progressif via la case 3CN. Les moins-values ne s'imputent que sur les plus-values de la même année et ne sont pas reportables.
Le seuil d'exonération de 305 €
Le seuil de 305 € s'applique à la somme des prix de cession de l'année : en dessous, les cessions sont exonérées ; au-dessus, l'intégralité du gain est imposable. Le formulaire 2086 sert à déclarer ces cessions, et le résultat net (case 3AN ou 3BN) est reporté sur la déclaration 2042 C.
Staking, rendement et DeFi
La DGFiP ne dispose pas, à ce jour, d'une doctrine officielle précise pour la qualification fiscale des revenus de staking, de prêts ou de programmes de rendement dans le cadre de l'article 150 VH bis. Pour les opérations DeFi plus complexes - dépôts de liquidité, receipt tokens, protocoles de staking liquide - les doctrines officielles ne couvrent pas encore tous les cas de figure. Le rapport signale ces revenus séparément ; consultez un conseiller fiscal pour les qualifier dans votre situation.
Déclaration des prestataires dès 2026 : DAC8 et CASP
La loi du 14 février 2025 et le décret du 19 décembre 2025 ont transposé le cadre européen DAC8 en droit français. Les prestataires de services sur actifs numériques (CASP) sont tenus, depuis le 1er janvier 2026, de collecter vos informations fiscales et de les transmettre à la DGFiP, avec un premier rapport en 2027. Si vous détenez des actifs auprès d'une plateforme étrangère, le formulaire 3916-3916 bis doit en principe être joint à votre déclaration de revenus, sous peine d'une amende de 750 € par compte non déclaré.
Calculateurs pour chaque plateforme et wallet
Binance · Coinbase · Kraken · Bybit · MetaMask · Phantom
Voir aussi tous les calculateurs pour la France, le guide déclaration crypto : formulaire 2086 et 2042 C et le guide compte crypto étranger et formulaire 3916-bis.