MetaMask et la fiscalité crypto française : un wallet auto-custodial dans le portefeuille global
MetaMask est un wallet auto-custodial. Pour un résident fiscal français, les actifs détenus sur MetaMask font partie intégrante du portefeuille global au sens du CGI art. 150 VH bis. Ce régime ne prévoit pas de calcul séparé par exchange ou par wallet. Il agrège l'ensemble des actifs numériques du foyer fiscal - quelle que soit la plateforme, l'adresse ou le mode de conservation - dans un portefeuille global unique.
La même adresse 0x que vous utilisez sur Ethereum, Arbitrum, Optimism ou Base correspond à votre historique EVM. Mais pour la méthode 150 VH bis, cet historique on-chain est intégré dans le calcul global avec vos comptes d'exchange et vos autres wallets.
Transferts entre vos adresses personnelles : pas une cession imposable
Déplacer des actifs numériques entre deux adresses dont vous êtes l'unique propriétaire effectif ne constitue pas une cession imposable au sens de CGI art. 150 VH bis. Par exemple :
- Envoyer des ETH de Coinbase vers votre MetaMask en vue d'une opération DeFi
- Bridger vos tokens de votre adresse Ethereum vers la même adresse sur Arbitrum ou Base
- Réunir vos actifs depuis plusieurs wallets EVM vers une adresse principale
Ces mouvements internes ne font pas naître de fait générateur. Ils doivent néanmoins être correctement documentés pour que votre calcul de portefeuille global reste cohérent et que ces opérations ne soient pas confondues avec des cessions à des tiers.
Swaps DEX et opérations DeFi : sursis ou cession ?
Dans le régime 150 VH bis, un échange pur entre deux actifs numériques sans soulte (par exemple ETH contre USDC sur Uniswap, ou ETH contre wstETH sur Lido) bénéficie d'un sursis d'imposition : il ne constitue pas un fait générateur au moment de l'échange. La plus-value est reportée à la prochaine cession imposable.
En revanche, les opérations DeFi complexes - dépôts dans des pools de liquidité, réception de receipt tokens (aTokens, LP tokens), protocoles de staking liquide - ne font pas encore l'objet de doctrines officielles de la DGFiP couvrant tous les cas de figure. Selon les circonstances et la structure du protocole, certaines de ces opérations peuvent être analysées différemment. Consultez un conseiller fiscal pour les qualifications spécifiques à votre situation.
Bridging entre réseaux EVM
Le passage de tokens d'un réseau EVM à un autre via un bridge (par exemple Ethereum vers Arbitrum, ou Base vers Polygon) peut impliquer des mécanismes très différents selon le protocole. Certains bridges échangent votre token contre un équivalent enveloppé sur le réseau de destination, ce qui peut selon les circonstances constituer un échange d'actifs numériques. D'autres peuvent préserver la continuité de propriété sur le même actif sous-jacent.
La DGFiP n'a pas émis de doctrine spécifique sur les opérations de bridging. Chaque bridge doit être analysé selon la structure du protocole et les règles générales applicables. DYOR.tax enregistre l'ensemble de ces opérations pour une revue avec votre conseiller fiscal.
Gas et frais de transaction
Chaque transaction sur Ethereum ou un réseau EVM compatible nécessite des frais de gas payés en ETH (ou en token natif du réseau). Ces paiements en ETH peuvent constituer eux-mêmes de petites cessions d'ETH au prix du marché au moment de la transaction. Le traitement de ces micro-cessions dans le régime 150 VH bis peut dépendre des circonstances. DYOR.tax enregistre l'ensemble des frais de gas pour une revue avec votre conseiller fiscal.
Staking et récompenses on-chain
La DGFiP ne dispose pas à ce jour d'une doctrine officielle précise pour les revenus de staking on-chain, les récompenses de protocoles DeFi ou les distributions d'airdrops dans le cadre du régime 150 VH bis. Leur qualification fiscale - en particulier la question de savoir si la réception de tokens constitue un fait générateur distinct et selon quelle base - peut dépendre de la nature du protocole et des circonstances particulières.
Il est recommandé de consulter un conseiller fiscal pour qualifier correctement ces revenus dans votre déclaration avant d'appliquer un traitement par défaut. Pour les aspects spécifiques à l'ether (ETH) - staking natif 32 ETH, liquid staking stETH/rETH/cbETH, wrapping WETH - consultez la page Ethereum et impôt crypto en France.
MetaMask : une adresse, tous les réseaux EVM
MetaMask agit comme un gestionnaire de comptes EVM dans votre navigateur ou sur mobile. Une seule phrase de récupération génère plusieurs comptes (adresses 0x) que vous pouvez utiliser séparément. Vous pouvez également importer des adresses issues d'autres wallets pour les visualiser dans MetaMask.
Un point central pour la déclaration française : la même adresse 0x est valide sur tous les réseaux EVM compatibles - Ethereum mainnet, Arbitrum, Optimism, Base, Polygon, BNB Chain et 35+ autres. DYOR.tax scanne cette adresse sur l'ensemble de ces réseaux simultanément et reconstruit l'historique complet depuis une seule saisie. Plusieurs comptes MetaMask peuvent être ajoutés comme adresses distinctes pour couvrir l'intégralité de votre activité EVM dans un seul aperçu, conformément à la logique du portefeuille global.
Déclaration 2086, 2042 C et option 3CN
Les cessions imposables identifiées dans votre historique MetaMask s'intègrent dans le formulaire 2086, qui calcule la plus-value ou la moins-value nette de l'année à partir de la valeur globale du portefeuille avant chaque cession et de la fraction d'acquisition allouée. Le résultat net est ensuite reporté sur la déclaration 2042 C : case 3AN (plus-value nette imposable) ou 3BN (moins-value).
La case 3CN permet d'opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu à la place du PFU de 31,4 %. Selon la tranche marginale du foyer fiscal et la composition de l'ensemble des revenus, cette option peut être plus favorable. Consultez un conseiller fiscal pour évaluer quelle option s'applique à votre situation.
Les moins-values réalisées sur actifs numériques peuvent être imputées sur les plus-values de même nature de la même année civile, mais elles ne sont pas reportables sur les exercices suivants dans le régime de droit commun applicable aux particuliers.
3916-3916 bis : quand le formulaire s'applique
Le formulaire 3916-3916 bis est destiné aux comptes d'actifs numériques détenus auprès de prestataires établis hors de France. Il demande notamment le nom et l'URL du prestataire, l'identifiant du compte ou l'adresse e-mail utilisée à l'ouverture, et la nature de l'utilisation (personnelle, professionnelle ou mixte).
Un wallet MetaMask auto-custodial ne relève pas par défaut de cette obligation, car il n'existe pas de relation avec un prestataire custodial. En revanche, si vous détenez également des actifs sur des plateformes d'échange étrangères comme Binance, Kraken ou Bybit, vérifiez avec un conseiller fiscal si ces comptes doivent figurer sur le formulaire 3916-bis. L'omission de comptes déclarables peut entraîner des amendes.
DAC8/CASP depuis le 1er janvier 2026
Depuis le 1er janvier 2026, les prestataires de services sur actifs numériques (CASP) soumis au cadre DAC8 doivent collecter les informations de résidence fiscale et de TIN de leurs utilisateurs et transmettront les premières données à la DGFiP en 2027. MetaMask, en tant que wallet auto-custodial, n'est pas un CASP et n'est pas directement soumis à ces obligations de reporting. Cela ne vous dispense pas de déclarer vous-même votre activité.
Autres calculateurs pour la France
Coinbase · Binance · Phantom · Ethereum
Aussi disponible : tous les calculateurs pour la France. Version anglaise : MetaMask en anglais.
Dernière mise à jour : avril 2026 · Sources : CGI art. 150 VH bis, BOFiP BOI-RPPM-PVBMC-30, impots.gouv.fr (mise à jour 20 mars 2026), loi n° 2025-127 du 14 février 2025, décret n° 2025-1276 du 19 décembre 2025 · Pour les résidents fiscaux en France. Ne constitue pas un conseil fiscal.